Compléments alimentaires : étiquetage et mentions obligatoires

Les compléments alimentaires sont des denrées alimentaires encadrées par la directive 2002/46/CE et soumises au règlement INCO 1169/2011 pour leur étiquetage. Leur positionnement entre alimentation et santé rend leur étiquetage particulièrement sensible : allégations contrôlées, interdiction des propriétés thérapeutiques, mentions d'avertissement obligatoires. Ce guide détaille chaque exigence pour le marché européen.

Étiquetage compléments alimentaires — LabelCheck

1. Cadre réglementaire

L'étiquetage des compléments alimentaires s'appuie sur trois piliers réglementaires :

En France, le décret 2006-352 transpose la directive et ajoute des exigences nationales (déclaration DGCCRF via Teleicare avant mise sur le marché).

2. Dénomination obligatoire

La dénomination « complément alimentaire » doit obligatoirement figurer sur l'étiquette. Cette dénomination est réglementée et ne peut être remplacée par des termes comme « supplément nutritionnel », « nutraceutique » ou « aliment fonctionnel ».

Ne pas confondre avec un médicament — Un complément alimentaire ne peut en aucun cas revendiquer des propriétés de prévention, de traitement ou de guérison d'une maladie humaine. Toute formulation thérapeutique sur l'étiquette fait basculer le produit dans la réglementation du médicament (directive 2001/83/CE).

3. Mentions obligatoires sur l'étiquette

Outre les mentions INCO communes à tout aliment (exploitant, lot, DDM, etc.), l'étiquette d'un complément alimentaire doit porter :

4. Allégations santé — Règlement (CE) 1924/2006

Les allégations de santé sont strictement encadrées. Seules les allégations autorisées et figurant au registre de l'EFSA (European Food Safety Authority) peuvent être utilisées. Il existe trois catégories :

Allégations « en attente » — Certaines allégations pour les substances botaniques (plantes) sont « en attente d'évaluation » par l'EFSA (on hold). En France, la DGCCRF tolère leur usage sous conditions. Cette situation crée une insécurité juridique : vérifiez le registre EFSA avant toute utilisation.

Les allégations thérapeutiques (« guérit », « traite », « prévient une maladie ») sont absolument interdites sur un complément alimentaire.

5. Avertissements obligatoires

Au-delà des trois avertissements standards (dose, régime, enfants), des avertissements spécifiques sont requis pour certaines substances :

6. Novel Food — Règlement (UE) 2015/2283

Tout ingrédient qui n'était pas consommé de manière significative dans l'UE avant le 15 mai 1997 est considéré comme « novel food » et nécessite une autorisation préalable de la Commission européenne après évaluation par l'EFSA.

Exemples de novel foods fréquemment rencontrés dans les compléments : huile de krill, astaxanthine synthétique, graines de chia (pour certaines utilisations), protéines d'insectes, CBD (cannabidiol — statut variable selon les États membres).

Vérifiez le catalogue Novel Food — La Commission européenne maintient un catalogue en ligne listant le statut de chaque ingrédient. Un ingrédient non référencé ou avec le statut « novel » ne peut pas être utilisé sans autorisation préalable.

7. Erreurs fréquentes

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Questions fréquentes

Peut-on utiliser l'allégation « renforce l'immunité » sur un complément alimentaire ?

Pas directement sous cette formulation. Les allégations autorisées sont celles du registre EFSA (Reg. 432/2012). Par exemple, « La vitamine C contribue au fonctionnement normal du système immunitaire » est autorisée, mais « renforce l'immunité » est une formulation non approuvée qui peut être considérée comme trompeuse.

Quelles différences entre un complément alimentaire et un médicament pour l'étiquetage ?

Un complément alimentaire est une denrée alimentaire (directive 2002/46/CE) : il ne peut revendiquer aucune propriété thérapeutique. Un médicament (directive 2001/83/CE) peut mentionner des indications thérapeutiques mais nécessite une AMM. Si l'étiquette d'un complément mentionne la prévention ou le traitement d'une maladie, le produit est requalifié en médicament par présentation.

Un complément alimentaire doit-il afficher la liste d'ingrédients comme un produit alimentaire ?

Oui. Les compléments alimentaires sont des denrées alimentaires au sens du règlement INCO 1169/2011. Ils doivent donc afficher une liste d'ingrédients par ordre décroissant de poids, avec les allergènes mis en évidence. De plus, les quantités de nutriments et substances actives doivent être indiquées par dose journalière recommandée.